
Le Quatuor Debussy, en résidence artistique à l’Inspé de l'académie de Lyon sur le site de la Croix-Rousse organise depuis plusieurs années des ateliers afin de faire découvrir leur art au plus grand nombre. Cette saison, trois rendez-vous gratuits ont permis à tous les curieux de venir assister à des concerts-rencontres uniques.
À l'occasion de la dernière rencontre de l'année,
Cécile Poussin, formatrice à l'Inspé a participé à deux concerts et une sieste musicale en compagnie de Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor. Un duo violon - accordéon et voix qui a mis à l'honneur les textes de Bernard Dimey, poète et auteur de chanson française.
Pour en savoir plus, découvrez l'interview de Cécile Poussin :
Depuis combien de temps joues-tu de l'accordéon et chantes-tu ?
J'ai commencé la musique à l'adolescence en apprenant la flûte traversière. J'ai toujours aimé chanter. J'ai découvert l'accordéon diatonique il y a une trentaine d'années, lorsque j'étais jeune adulte à une fête de village dans le Morvan. Je me suis fait prêter un accordéon dans la foulée et je me suis mise à apprendre toute seule, en essayant de jouer des morceaux à l'oreille pendant quelques années. Très vite, je m'en suis servie pour m'accompagner au chant. Depuis une dizaine d'années, pour progresser techniquement, je fais un stage chaque été.
Tu as chanté des textes de Bernard Dimey, poète et auteur de chansons français. Pourquoi cet artiste ?
J'ai découvert Bernard Dimey lors d'un spectacle dans lequel un comédien déclamait ses poèmes. J'ai immédiatement adoré ses textes. Je suis allée acheter ses recueils de poèmes et j'ai commencé à recopier ceux qui me touchaient le plus. Un jour, j'en ai choisi un, j'ai pris mon accordéon et j'ai composé ma première chanson. Depuis, je n'ai plus arrêté. Ces chansons sont longtemps restées dans mon salon : j'en ai chanté deux ou trois à l'occasion de fêtes entre amis, puis je me suis lancée, quelques fois, sur des scènes ouvertes. La rencontre avec Christophe Colette, du Quatuor Debussy, a été un tournant.
Comment as-tu vécu cette expérience de concert au sein de l’Inspé ?
Nous avons beaucoup travaillé avec Christophe. Nous avions d'ailleurs fait un concert en appartement deux semaines avant celui de l'Inspé, suivi d'une répétition à partir de ce premier concert. Je me sentais donc prête techniquement. Mais je suis sujette à un trac très fort, j'étais donc aussi très stressée. Le premier concert a été le plus difficile émotionnellement, mais comme il s'est bien passé et que les retours ont été positifs, j'étais beaucoup plus en confiance pour le second. Ce moment sur scène a alors été un vrai plaisir. C'était aussi un peu stressant que ce concert ait lieu sur mon lieu de travail, mais la plupart des personnes de l'Inspé présentes dans la salle étaient mes invitées, ce qui m’a rassurée.
En quoi la musique nourrit-elle ta pratique de formatrice ?
La musique et le travail sont pour moi deux univers cloisonnés, une respiration nécessaire. D’ailleurs, Thierry Bouchetal, enseignant-chercheur à Lyon 2, a mené une recherche intitulée « Durer dans le métier d'enseignant ». Parmi les éléments qui permettent de durer (au sens d’éprouver du bien-être et de la satisfaction au travail jusqu’en fin de carrière), il a identifié le fait d’avoir des sources de reconnaissance extérieures au travail. Je me disais, lundi soir, après les deux concerts, que j'avais sûrement gagné quelques mois de "durée" dans le métier.